Vue large d'un jardin résidentiel français aménagé en terrasses successives sur une pente, avec végétation dense et allées en pierre naturelle sous lumière naturelle
Publié le 10 avril 2026

Votre terrain glisse à chaque orage. La tondeuse devient un sport extrême. L’érosion grignote chaque année quelques centimètres de terre végétale, et ce jardin de 300 m² reste inexploité depuis l’achat de la maison. Cette situation concerne des milliers de propriétaires en France, particulièrement en zone périurbaine où les parcelles constructibles se situent souvent sur des reliefs accidentés. Les conséquences vont au-delà de l’esthétique : ruissellement vers les fondations lors des fortes pluies, impossibilité d’aménager un coin repas extérieur, entretien fastidieux et risques de glissement de terrain sur les pentes les plus prononcées.

Pourtant, un terrain en pente représente un potentiel inexploité considérable. Avec les techniques adaptées, il se transforme en jardin à étages offrant perspectives visuelles, micro-climats variés et espaces fonctionnels échelonnés. Le secteur du paysage a enregistré un chiffre d’affaires de 8,5 milliards d’euros en 2024, dont 49 % proviennent des particuliers selon les données publiées par l’Unep, preuve que la demande pour ces aménagements extérieurs n’a jamais été aussi forte.

Ce guide décrypte les 5 solutions principales pour dompter votre pente, compare leurs coûts réels, détaille les impératifs de drainage souvent négligés et vous accompagne étape par étape jusqu’à la concrétisation du projet. Vous saurez précisément quelle technique convient à votre degré d’inclinaison, quelles erreurs éviter et quand faire appel à un professionnel.

L’aménagement d’un terrain pentu repose sur une méthode progressive : diagnostic précis de l’inclinaison et de la nature du sol, choix de la technique adaptée à votre configuration (végétalisation, soutènement, terrassement), conception d’un système de drainage performant, puis réalisation des travaux dans l’ordre logique. Chaque étape conditionne la réussite de la suivante. Les propriétaires qui négligent le diagnostic initial ou sous-estiment l’importance du drainage font face à des reprises coûteuses dans les 24 à 36 mois suivant les travaux. À l’inverse, un projet méthodique transforme durablement un terrain inexploité en jardin à étages valorisant le patrimoine.

Votre plan d’action terrain pentu en 30 secondes :

  • Pente inférieure à 10 % : la végétalisation renforcée avec plantes couvre-sol suffit généralement
  • Pente entre 10 et 20 % : optez pour des murets bas ou gabions modulaires
  • Pente supérieure à 20 % : terrassement avec soutènement ou enrochement paysager
  • Impératif absolu : installer un drainage efficace avant tout aménagement (drain agricole + barbacanes)
  • Vérifier auprès de votre mairie si une déclaration préalable est nécessaire pour les travaux prévus

Pourquoi un terrain en pente mérite mieux qu’une simple pelouse ?

Au-delà de 15 % d’inclinaison, une simple pelouse devient problématique. La tonte expose à des risques de glissade, l’arrosage s’avère inefficace (l’eau ruisselle sans s’infiltrer), et l’érosion grignote progressivement la couche de terre végétale. Chaque averse emporte quelques centimètres de substrat vers le bas de la parcelle, laissant affleurer une terre compactée et stérile. Cette dégradation progressive réduit la valeur patrimoniale du bien et génère des problèmes annexes : accumulation d’eau en pied de pente, zones boueuses persistantes, impossibilité de créer des espaces de vie extérieurs fonctionnels.

À l’inverse, un aménagement adapté transforme cette contrainte en atout. Les terrains pentus offrent des perspectives visuelles en relief, permettent de créer des micro-climats variés (zones ombragées en contrebas, espaces ensoleillés en hauteur) et autorisent une composition paysagère en strates successives. Le potentiel d’exploitation se multiplie : terrasse haute pour les repas avec vue dominante, palier intermédiaire pour un potager en bacs surélevés, zone basse ombragée pour un coin détente. La valorisation patrimoniale est réelle, les acheteurs potentiels percevant immédiatement la qualité d’un jardin structuré versus une pente négligée.

49%

Part du chiffre d’affaires des entreprises du paysage provenant des particuliers en France

Les données montrent que la demande pour les aménagements extérieurs chez les particuliers reste soutenue, signe que les propriétaires investissent dans la valorisation de leurs espaces verts plutôt que de les subir.

Solutions pour transformer votre pente en atout

Le choix de la technique dépend de trois variables : le pourcentage d’inclinaison, le budget disponible et votre capacité à réaliser les travaux vous-même. Une pente à 8 % ne mobilise pas les mêmes moyens qu’une pente à 30 %. Voici le panorama des solutions les plus fréquentes, avec leurs fourchettes de coût observées sur le marché et leurs limites d’usage.

Les murets de soutènement maçonnés : le muret en pierre naturelle ou en blocs de béton maçonné constitue la solution classique pour retenir la terre sur des hauteurs de 40 cm à 1,80 m. La construction repose sur une fondation en béton armé (semelle de 30 à 50 cm de profondeur selon la hauteur du mur), puis les parpaings ou moellons sont montés en respectant un fruit (légère inclinaison vers l’arrière) pour contrer la poussée des terres. Les estimations du marché situent le coût entre 120 euros et 280 euros le mètre linéaire selon la région et la hauteur. L’installation d’un drainage en arrière du mur (drain agricole de 100 mm enrobé de gravier) et de barbacanes espacées de 1,5 à 2 mètres reste impérative pour évacuer les eaux d’infiltration. Sans cet aménagement, la pression hydrostatique provoque fissures et déversement du mur en quelques hivers. La faisabilité en autoconstruction existe pour des hauteurs inférieures à 80 cm et sur des linéaires courts (moins de 5 mètres).

Oublier les barbacanes lors de la construction garantit fissures et déversement du mur rapidement



Les gabions et enrochements : les gabions — cages métalliques grillagées remplies de pierres — offrent une alternative modulaire et perméable. Leur installation ne nécessite pas de fondation coulée, une simple assise compactée de tout-venant sur 20 cm suffit généralement. Les estimations constatées oscillent autour de 90 à 160 euros le mètre carré installé, cette variation dépendant du coût des pierres de remplissage locales et de la complexité du terrain. Les gabions conviennent particulièrement aux pentes moyennes (15 à 25 %) et présentent l’avantage d’un drainage naturel grâce à leur structure ajourée, éliminant le risque de pression hydrostatique. L’enrochement paysager, constitué de blocs rocheux empilés sans liant, s’adresse aux fortes pentes supérieures à 30 %. La stabilité repose sur le poids et l’imbrication des blocs, chaque pierre de plusieurs centaines de kilos étant calée contre ses voisines. Cette technique nécessite l’intervention d’un professionnel équipé (mini-pelle, voire grue pour les gros blocs), mais offre une durabilité exceptionnelle et un rendu naturel apprécié dans les zones rurales ou boisées.

Pour les projets de moyenne ampleur cherchant à adoucir une pente trop raide tout en créant du relief, la construction d’une butte paysagère permet notamment d’adoucir une déclivité excessive en redistribuant les volumes de terre sur place.

La végétalisation renforcée : sur les pentes douces à modérées (jusqu’à 15-18 %), la végétalisation avec des plantes couvre-sol à système racinaire traçant représente la solution la plus économique et écologique. Des espèces comme le géranium vivace, le millepertuis rampant, la pervenche ou le cotoneaster horizontal développent un réseau racinaire dense qui fixe le substrat et ralentit drastiquement le ruissellement. La plantation s’effectue par plaques de 30 à 50 cm de diamètre espacées de 40 à 60 cm, laissant la végétation coloniser progressivement les interstices. Cette approche nécessite une préparation minutieuse du sol (désherbage total, ameublissement superficiel, apport de compost) et une irrigation suivie la première année. Le coût reste modeste — comptez entre 15 et 40 euros le mètre carré selon les espèces choisies et la densité de plantation — mais la patience s’impose : la couverture complète demande 18 à 30 mois.

Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents en France, le choix de plantes résistantes à la sécheresse devient un critère déterminant pour garantir la pérennité de la végétalisation sans irrigation estivale permanente.

Quelle solution pour votre terrain ? 3 questions pour trancher

  • Votre pente est inférieure à 10 % :
    Privilégiez la végétalisation renforcée avec plantes couvre-sol (géraniums vivaces, pervenches, cotonéasters). Budget modeste, entretien faible après installation, excellent pour l’écosystème local.
  • Votre pente se situe entre 10 et 20 % :
    Optez pour des murets bas (60-80 cm) en pierre ou des gabions modulaires. Faisabilité DIY possible pour des linéaires courts, drainage impératif en arrière des structures.
  • Votre pente dépasse 20 % :
    Terrassement avec soutènement béton ou enrochement paysager. Intervention professionnelle quasi indispensable (engins, calcul stabilité), budget significatif mais valorisation patrimoniale élevée.
  • Votre budget est limité et vous êtes bricoleur :
    Les gabions en autoconstruction offrent le meilleur compromis coût-efficacité-durabilité pour pentes modérées. Location mini-pelle weekend (180-250 €/jour) + cages et pierres = projet réalisable en 3-4 jours.

Le tableau ci-dessous synthétise les critères décisifs pour orienter votre choix selon votre configuration de terrain et vos contraintes.

Données comparatives récoltées et mises à jour en Janvier 2026.

5 solutions face à face : coûts, faisabilité et pentes adaptées
Solution Fourchette coût Pente adaptée Faisabilité DIY Durabilité Délai réalisation
Végétalisation couvre-sol 15-40 €/m² Jusqu’à 15 % Facile 15-25 ans 2-3 mois plantation
Muret maçonné pierre/béton 120-280 €/m linéaire 10 à 20 % Partielle (H<80cm) 30-50 ans 1-2 semaines chantier
Gabions métalliques 90-160 €/m² 15 à 25 % Possible avec mini-pelle 20-40 ans 3-5 jours pose
Enrochement paysager Terrasses successives bois 200-450 €/m² 15 à 30 % Difficile (structure) 15-30 ans (bois traité) 2-3 semaines selon surface

Ces fourchettes reflètent les observations du marché en Île-de-France début 2026 et peuvent varier selon l’accès au chantier, la nature du sol et les tarifs locaux des entreprises. Dans tous les cas, la réussite repose sur un impératif non négociable : le drainage.

Drainage et gestion de l’eau : les fondations invisibles de votre projet

Traiter la pente sans traiter l’eau revient à construire sur du sable. L’erreur la plus coûteuse consiste à installer un soutènement (muret, gabions, terrasses) sans prévoir l’évacuation des eaux d’infiltration qui s’accumulent en arrière de la structure. Résultat observé sur le terrain : fissures après le premier hiver rigoureux, déversement progressif du mur, zones gorgées d’eau rendant les plantations impossibles. Les reprises de travaux mal conçus coûtent fréquemment entre 3000 euros et 8000 euros selon l’ampleur des dégâts.

Vérifier la pente régulière du drain avant remblaiement — colmatage garanti sinon



Les 3 erreurs drainage qui coûtent entre 3000 et 8000 € de reprise

  • Absence de drain agricole en arrière du soutènement : L’eau s’accumule derrière le mur, crée une pression hydrostatique et fissure la structure en 18 à 36 mois. Barbacanes seules insuffisantes si pas de drain collecteur.
  • Géotextile oublié ou mal posé : Le drain se colmate avec les particules fines de terre en moins d’un an, perdant toute efficacité. Le géotextile anti-contaminant doit envelopper entièrement le drain et le gravier d’enrobage.
  • Pente insuffisante du drain : Un drain posé à plat ou avec moins de 1 % de pente ne vidange pas l’eau correctement. Stagnation, développement algues et racines, obstruction progressive garantie.

Le système de drainage minimal comprend un drain agricole perforé de 100 mm de diamètre, posé sur un lit de gravier 20/40 de 10 cm d’épaisseur, enrobé de 20 cm de gravier sur les côtés et le dessus, le tout enveloppé dans un géotextile de 140 g/m² minimum. Le drain doit présenter une pente régulière de 1 à 2 % vers un exutoire (regard collecteur, fossé, réseau eaux pluviales si autorisé). Pour un muret de soutènement, les barbacanes (tubes PVC de 40 mm traversant le mur tous les 1,5 à 2 mètres) complètent le dispositif en évacuant l’eau infiltrée directement vers l’aval. La réglementation encadre l’écoulement des eaux : selon les articles 640 et 641 du Code civil, le propriétaire du fonds inférieur doit recevoir les eaux naturelles s’écoulant du fonds supérieur, mais vous ne pouvez aggraver artificiellement cet écoulement. Sur terrains argileux ou limoneux, l’absence de drainage génère des cycles gel-dégel catastrophiques pour les structures maçonnées, l’eau infiltrée gelant en hiver et faisant éclater joints et pierres.

Les étapes clés pour réussir votre aménagement

Passer de l’idée au jardin aménagé nécessite une méthode progressive. Voici la chronologie type observée sur les projets réussis, avec les points de vigilance à chaque étape.

Diagnostic terrain et choix solution adaptée : commencez par mesurer précisément le pourcentage de pente. La méthode simple consiste à tendre un cordeau horizontal entre deux piquets (le piquet amont affleurant le sol, le piquet aval planté verticalement) et mesurer la différence de hauteur sur une longueur connue. Exemple : 1,5 m de dénivelé sur 10 m de longueur = 15 % de pente. Identifiez ensuite la nature du sol (argileux, limoneux, sableux, rocheux) par sondages à la barre à mine ou carottages si budget le permet. Un sol argileux gonflant impose des fondations plus profondes et un drainage renforcé. Un sol sableux draine naturellement mais offre moins de cohésion, nécessitant des ancrages plus importants pour les structures de soutènement. Cette phase de diagnostic conditionne directement le choix technique : végétalisation sur pente douce et sol stable, soutènement rigide sur pente forte et sol meuble.

Démarches administratives et autorisations : la réglementation urbanistique impose une déclaration préalable pour les terrassements modifiant significativement le relief. Selon l’article R421-23 du Code de l’urbanisme, les affouillements et exhaussements dont la hauteur excède 2 mètres ET qui portent sur une superficie supérieure ou égale à 100 m² nécessitent cette formalité. En pratique, un muret de soutènement de 1,80 m de hauteur sur 60 mètres linéaires (correspondant environ à 110 m² de surface retenue) entre dans ce cadre.

Le dépôt s’effectue en mairie via le formulaire Cerfa 16703*02 en vigueur depuis janvier 2025, comme le précise le portail officiel Service-Public.fr (mis à jour en janvier 2026). Dans les communes de plus de 3500 habitants, les personnes morales doivent transmettre leur demande exclusivement par voie électronique. Le délai d’instruction est d’un mois, mais peut être prolongé si votre terrain se situe en zone protégée (abords monuments historiques, secteur sauvegardé, périmètre ABF).

Consultez systématiquement le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune : certaines zones imposent des règles spécifiques sur les clôtures, soutènements et modifications de relief, même pour des hauteurs inférieures aux seuils nationaux. Les lotissements sont souvent soumis à un règlement propre exigeant l’accord préalable de l’association syndicale. Négliger ces vérifications expose à un arrêté de mise en conformité voire une démolition sur injonction administrative.

La chronologie administrative type pour un projet soumis à déclaration préalable s’étale sur 8 à 9 semaines incompressibles. Voici le calendrier précis à anticiper dès la phase diagnostic :

  • Consultation PLU en mairie et vérification seuils déclaration préalable
  • Constitution dossier DP avec plans, photos et notice descriptive
  • Dépôt dossier en mairie (récépissé avec numéro enregistrement)
  • Réponse mairie (accord tacite si absence courrier dans délai 1 mois)
  • Affichage panneau chantier sur terrain (obligatoire 2 mois minimum)
  • Démarrage travaux (après délai recours tiers 2 mois post-affichage)

Réalisation travaux et suivi : la phase chantier démarre par le piquetage précis des zones à terrasser et l’implantation des ouvrages de soutènement. Sur un projet de terrasses successives, commencez toujours par le terrassement du niveau le plus bas, puis remontez progressivement. Cette logique évite de circuler avec les engins sur les niveaux déjà finis et facilite l’évacuation gravitaire des déblais. Installez le système de drainage avant toute construction de mur. Le drain doit reposer sur un fond stable, légèrement compacté, avec la pente régulière vers l’exutoire vérifiée au niveau à bulle tous les 3 mètres. Une fois le drain posé, enveloppé de gravier et de géotextile, vous pouvez procéder au remblai partiel puis à l’édification du soutènement. Pour les murets maçonnés, respectez un temps de séchage de 48 à 72 heures entre coulage de la fondation et montage des premières assises.

Les plantations interviennent en dernier, après stabilisation complète des remblais (attendre 3 à 6 semaines selon compaction). Privilégiez des espèces adaptées à l’exposition réelle de chaque niveau : plantes de soleil (lavandes, sedums, graminées) sur terrasses hautes exposées sud, fougères et hostas sur niveaux bas ombragés. L’arrosage automatique goutte-à-goutte constitue un investissement pertinent (15 à 25 euros le mètre linéaire installé) pour sécuriser la reprise végétale sans corvée quotidienne.

Checklist validation avant démarrage travaux

  • Relevé topographique réalisé avec mesure pente précise sur 3 points minimum
  • Sondages sol effectués (3 carottages ou barre à mine) pour identifier nature terrain
  • Déclaration préalable déposée et accord obtenu (ou délai 1 mois écoulé sans opposition)
  • Exutoire drainage identifié et validé (raccordement réseau, fossé, regard enterré)
  • Matériaux commandés avec marge 10 % (drain, géotextile, gravier, pierres soutènement)
  • Accès engins vérifié (largeur mini 2,5 m, portail démontable si nécessaire)

Pour les projets complexes impliquant plusieurs niveaux de terrasses, des hauteurs de soutènement supérieures à 1,50 m ou des surfaces excédant 150 m², faire appel à un paysagiste qualifié sécurise techniquement et financièrement l’opération. Un professionnel dispose des outils de calcul de stabilité, connaît les normes DTU applicables au terrassement et au soutènement, et garantit la conformité des travaux. En région parisienne, un paysagiste spécialisé en aménagement de jardin à Antony maîtrise par exemple les particularités des sols argileux des Hauts-de-Seine et les contraintes réglementaires locales, évitant les erreurs de conception coûteuses.

Vos questions fréquentes sur l’aménagement de terrains pentus

Questions récurrentes terrain en pente

Quel budget prévoir pour aménager un terrain en pente de 100 m² ?

Le budget varie significativement selon la technique choisie et le degré de pente. Pour une végétalisation renforcée avec plantes couvre-sol, comptez entre 1500 et 4000 euros pour 100 m² (plants, préparation sol, paillage, arrosage première année). Un aménagement avec murets de soutènement bas et terrasses plantées oscille entre 8000 et 18000 euros sur la même surface, incluant terrassement, drainage, maçonnerie et plantations. Les terrains à forte pente nécessitant enrochement peuvent atteindre 20000 à 35000 euros pour 100 m² selon l’accès et les matériaux. Demandez systématiquement 3 devis comparatifs détaillés pour éviter les mauvaises surprises.

Faut-il une autorisation pour construire un muret de soutènement dans son jardin ?

Cela dépend de la hauteur et de la surface concernée. Un muret isolé de moins de 2 mètres de hauteur retenant une surface inférieure à 100 m² ne nécessite généralement aucune formalité au niveau national. En revanche, dès que la hauteur excède 2 mètres et que la superficie retenue dépasse 100 m², une déclaration préalable devient obligatoire. Consultez impérativement le PLU de votre commune, car certaines zones protégées ou lotissements imposent des autorisations même pour des ouvrages de faible hauteur. Le non-respect expose à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la démolition sur injonction.

Peut-on aménager un terrain pentu soi-même sans faire appel à un professionnel ?

Sur les pentes douces à modérées (moins de 15 %), la végétalisation et l’installation de petits murets (moins de 80 cm de hauteur) restent accessibles aux bricoleurs motivés maîtrisant les bases de la maçonnerie et du jardinage. Les gabions en autoconstruction représentent également une option viable avec location d’une mini-pelle le temps d’un weekend. En revanche, au-delà de 20 % de pente ou pour des soutènements dépassant 1,20 m de hauteur, l’intervention d’un professionnel devient fortement recommandée pour des raisons de sécurité (risque effondrement) et de conformité technique (calculs stabilité, drainage). Les erreurs de conception sur terrains pentus coûtent bien plus cher en reprises qu’un professionnel compétent.

Quelles plantes résistent le mieux sur une pente exposée sud en plein soleil ?

Les espèces méditerranéennes et de rocaille excellent dans ces conditions exigeantes. Privilégiez les plantes à feuillage persistant avec système racinaire traçant : lavandes (Lavandula angustifolia), romarins rampants (Rosmarinus officinalis ‘Prostratus’), sedums (Sedum spectabile, Sedum spurium), thyms couvre-sol (Thymus serpyllum), graminées ornementales (Festuca glauca, Stipa tenuifolia), cotonéasters horizontaux (Cotoneaster horizontalis) et millepertuis (Hypericum calycinum). Ces végétaux supportent la sécheresse estivale une fois installés, demandent peu d’entretien et fixent efficacement le substrat. Associez-les à un paillage minéral (pouzzolane, gravier) de 5 cm d’épaisseur pour limiter l’évaporation et l’érosion.

Combien de temps durent des travaux d’aménagement sur un terrain en pente de 200 m² ?

La durée dépend directement de la complexité du projet. Une simple végétalisation avec plantes couvre-sol se réalise en 2 à 4 jours (préparation sol, plantation, paillage, arrosage installation). Un aménagement avec murets de soutènement, drainage et terrasses plantées nécessite 2 à 3 semaines pour une équipe de 2 personnes (terrassement, fondations, maçonnerie, drainage, plantations). Les projets impliquant enrochement ou terrassement important avec gros engins s’étendent sur 3 à 5 semaines selon les aléas météo et l’accès au chantier. Ajoutez systématiquement 2 à 4 semaines de délai pour les démarches administratives (déclaration préalable) si votre projet franchit les seuils réglementaires.

Comment éviter que mon voisin du bas ne reçoive toute l’eau de ruissellement après mon aménagement ?

Le Code civil impose au propriétaire du fonds inférieur de recevoir les eaux naturelles s’écoulant du fonds supérieur, mais vous ne pouvez aggraver artificiellement cet écoulement. La solution passe par un système de gestion des eaux pluviales intégré à votre aménagement : noues d’infiltration végétalisées en pied de terrasses, bassin tampon enterré dimensionné pour stocker les pics de pluie, tranchées drainantes remplies de galets acheminant l’eau vers un regard de décantation. Si le volume d’eau est conséquent, envisagez un raccordement au réseau pluvial communal après autorisation de la mairie. Consultez un bureau d’études hydrauliques pour dimensionner correctement ces ouvrages et éviter tout litige de voisinage.

Pour approfondir les critères de sélection d’un professionnel qualifié et les garanties à exiger lors de travaux d’aménagement extérieur, consultez le guide détaillé sur l’aménagement de jardin avec un professionnel, qui décrypte les points de vigilance contractuels et les assurances obligatoires.

Ce qu’il faut retenir pour réussir votre projet

  • Le drainage constitue l’investissement prioritaire, avant toute structure de soutènement (drain agricole + géotextile + barbacanes)
  • Le choix technique dépend strictement du pourcentage de pente : végétalisation <10 %, murets 10-20 %, terrassement >20 %
  • Une déclaration préalable devient obligatoire au-delà de 2 m de hauteur et 100 m² de surface terrassée
  • Les erreurs de drainage coûtent entre 3000 et 8000 € en reprises de travaux selon l’ampleur des dégâts
  • Faire appel à un paysagiste qualifié au-delà de 150 m² ou 1,50 m de hauteur de soutènement sécurise techniquement et financièrement le projet

Disposez-vous des trois éléments clés pour valider la faisabilité de votre projet : un diagnostic précis de votre pente (mesure topographique fiable), un budget cohérent avec l’ampleur des travaux envisagés, et la certitude que votre système de drainage sera dimensionné correctement dès la conception ? Si l’un de ces trois piliers manque, prenez le temps d’affiner votre préparation avant de démarrer. Les terrains pentus ne pardonnent pas l’improvisation, mais offrent un potentiel de transformation spectaculaire lorsque les fondamentaux techniques sont respectés.

Vos 3 actions concrètes cette semaine

  • Mesurez le pourcentage exact de pente sur 3 points de votre terrain (méthode cordeau horizontal + piquet vertical)
  • Consultez le PLU de votre commune en mairie pour vérifier les contraintes réglementaires locales
  • Identifiez l’exutoire naturel pour votre drainage (fossé, regard, réseau pluvial) et validez sa faisabilité
Rédigé par Claire Delacroix, rédactrice web spécialisée dans l'aménagement paysager et le jardinage durable, passionnée par la vulgarisation des techniques d'aménagement extérieur et la transmission de savoir-faire pratiques accessibles aux particuliers.